Conseils n°1 – Jouer seul à Mario Party
Conseils May 10th, 2008Une belle palanquée de g33ks s’est invitée dans votre myrifique studio ce soir. Certains d’entre eux ont oublié leur laptop (ah bah bien). Bon. Mais ce genre de situations ne fait plus peur depuis que Nintendo a développé sa franchise de jeux de société sur consoles, Mario Party (personne ne l’avait deviné).
Ce serait une belle perte de temps que de présenter cette licence, tout juste rappellerai-je que Nintendo l’a déclinée en 10 versions et sur toutes leurs consoles depuis la regrettée 64 (oui ça existe).Voilà voilà.
Bien bien bien.
Bon.
Sauf que des g33ks qui habitent pas loin, ça existe pas par contre. Tout comme des fabuleux studios d’ailleurs. Mais bon sang de bois, Mario Party se vend comme des petits pains. Mais qui y joue ? Le colloc’ g33k super sympa ? D’accord, pourquoi pas. Les frérots qui ont terminé leurs devoirs ? Oui bon, éventuellement. Mais ce n’est pas là ou je voulais en venir. Mario Party, on peut y jouer seul.
Seul, oui.
Ça paie vraiment pas de mine, vu de telle manière. C’est même un peu désespéré. Pourtant on ne va pas laisser pourrir la boîte du jeu achetée 50€ pour trois pauvres hypothétiques soirées dans l’année où ce sera bondé dans 20m2 ! Alors, oui on joue seul. Et c’est là qu’on peut légitimement se demander à quoi ça sert. Petit inventaire.
Jouer seul pour terminer le jeu
On démarre méchamment bien pour cette première raison. Parce que « terminer » Mario Party, il faut le vouloir. C’est-à-dire qu’il faut limite travailler un peu sur sa volonté pour se dire que finalement, c’est à peu de choses près un Super Mario. On va tomber sur un boss final, des niveaux bien retords, des ennemis qui activent des cheat codes de derrière les fagots. Le jeu sera fini, et au redémarrage on se tapera une belle mention « achevé en mode solo en 45h ».
Le genre de mention qu’on aimerait bien désactiver quand les amis se pointent.
Bref, à réserver pour une occasion sur son lit de mort, quand tous les Zelda auront été terminés à 100%, les Gran Turismo à 105% avec des courses de 24h IRL, juste pour pouvoir dire « avant de caner, j’ai terminé Mario Party ».
Pourtant, il y a une raison cachée à cet inextricable dessein dont on se sent littéralement subjugué, on souhaite terminer le jeu pour obtenir l’écran final, suprême instant délicieux au cours duquel on se sent ivre de béatitude et d’espoir en la race humaine.
Jouer pour l’écran final et gagner +45 en espoir en la race humaine

Oui, avoir foi en la race humaine, ça demande beaucoup d’efforts.
Jouer pour le défi
Mario Party, un défi ? A partir du moment où les records sont enregistrés et fièrement affichés en début de partie (« ah ouais ? Ben essaie de passer en-dessous de 22s 15’, on va voir »), il peut y avoir défi. Entre copains séparés par des milliers de kilomètres, des déserts de neige et des pays communistes, on se lance dans une lutte infinie, animé par cette sensation virile qui émane de tels affrontements. Virile, oui. Spammer le même bouton pendant 4h non-stop à se fabriquer des cloques puis à se les crever à 3sec d’un nouveau record, chercher la meilleure position sur le canapé, caler sa main à contre-revers du coude pour un appui idéal et bloquer sa respiration pour ne pas avoir à supporter la déconcentration musculaire, c’est du défi. De l’effort même. Et rien ne remplace cette prodigieuse sensation d’avoir été filmé par toutes les télévisions du monde entier lors de l’exploit, comme à une finale du 100m hommes aux Jeux Olympiques, avec ralenti sur l’index qui spamme le bouton B, vitesse moyenne de spam et commentaires d’anciens sportifs : « Mon Dieu, Marc-André, 30 touches par seconde, c’est humainement impossible, j’en suis ébaubi ». Ça c’est quelque chose. Et c’est probablement la seule raison excusable.
Jouer pour débloquer des mini-jeux
Là par contre, on entre dans le domaine du jeu forcé. Oui, on n’éprouve absolument aucune envie de se lancer seul devant l’écran sauf pour s’imbiber de la tristesse de la solitude âprement rappelée au travers de menus ultra-colorés et de pions super copains sur le plateau de jeu. Non, c’est à cause de ce système absurde que Nintendo garde précieusement depuis le début. Les mini-jeux présents lors de la première mise en route du soft sont si peu nombreux qu’il faut jouer, jouer et jouer à en vomir pour espérer les débloquer. Je dis bien espérer car le déblocage est un pur hasard. Et donc, si par malchance aucun de ceux-ci n’étaient débloqués au cours d’une palpitante partie entre amis (3 fois par
an donc, précisais-je), le sale boulot retombe sur l’hôte qui devra donner, seul, de son temps libre et quelques nuits blanches pour obtenir les tant convoités jeux les plus fun. Heureusement, la congrégation est généralement reconnaissante de l’effort consenti à fournir : « Putain c’est quoi celui-là que t’as pécho ? Sauter au-dessus de la corde à l’unisson ?? Tu t’fous d’moi ? On avait dit le jeu où faut spammer les 8 boutons en même temps pendant 15min !! Ben vieux, t’es reparti pour un bon week-end devant l’écran là. Je fournis le café, si tu veux. »
Jouer pour découvrir des trucs débiles
Il peut arriver que, las d’un ennui profond (y’a de quoi s’occuper pourtant, ne serait-ce que faire la vaisselle mais bon, flemme et ennui font bon ménage), on se lance dans une partie de Mario Party avec pour seul but de noter les détails les plus idiots. Tout ça pour couvrir le jeu d’une critique encore plus acerbe et s’empêcher d’y retourner à nouveau. Oui il s’agit bien une action délibérée par le joueur pour se protéger d’une hypothétique future envie de relancer, dans un terrible accablement, le jeu manifestement « multi ». Allons-y pour une énumération peu élogieuse :
Chercher une fin alternative au jeu. Ça n’existe pas. C’est bien Bowser le méchant tout vilain et c’est bien Mario le top méga cool même s’il écrase tous ses comparses pour engranger le plus de pognon possible et chourrer des étoiles à tout le monde. Hé, super les valeurs.
Essayer de regarder sous la jupe de Peach. Assez étonnamment c’est impossible. Il est bien établi que sa robe est comme celles portées par les femmes de la haute société du XVIIIème siècle, immuable. Si on veut vraiment se lancer dans la recherche de culottes, il reste Chun-Li, valeur sûre.
Lancer une partie en 45 tours en allemand. Oui, quel régal que d’entendre Mario jacasser en allemand, on retrouve intacte sa voix suave et apaisante.
Il apparaît donc évident, à la lumière de mes maigres arguments, que Mario Party se conçoit en jeu solo, n’en déplaise à une tonne de tests disponibles sur le net (je cite « De plus, oubliez ça tout de suite si vous comptez y jouer en solitaire, il n’en vaut tout simplement pas le coup.» fin de citation. N’importe quoi, il faut bien en convenir !).
Je n’ai en revanche pas fait cas de situations plus qu’extrêmes où, cette fois-ci, l’on va chercher à briser la solitude en lançant Mario Party. Oui, là c’est très fort.
Jouer en équipe mais seul
Alors pour situer le contexte, on a 4 personnages affichés à l’écran, répartis en deux équipes de deux, prêtes à s’affronter pour le contrôle d’une machine à faire des boules de glace multicolores. Une équipe est contrôlée par l’ordinateur, et l’autre par le joueur. Ça devrait donc requérir la présence de deux joueurs. Mais non en réalité, c’est là que ça se corse, faut bien suivre. Le même joueur va contrôler simultanément les deux manettes, fracassant les doigts de ses deux mains pour entraîner la plus faible. Une fois la victoire remportée, une franche poignée de main avec soi-même parachèvera ce début de dédoublement de personnalité.
Cas sans espoir : contrôler tous les joueurs à l’écran
Les nuits sont longues, par moments. Certains week-ends également. Et quand rien ne parvient à remonter le moral, ni NRJ12, ni les poivrots qui se fightent en bas de l’immeuble, ni ce pot de Nutella-Mayonnaise qui attend au fond du frigo, il reste toujours un moyen de remonter la pente. En lançant une partie sans PNJ et en ne contrôlant qu’un seul des personnages, il est souvent aisé de terminer premier avec un maximum de thunes et d’étoiles. Tous les bons coups sont permis : donner des directions absurdes aux autres joueurs « Hop, toi tu vas en arrière y’a une case rouge (les cases rouges retirent des sousous) », leur refourguer les pires objets possibles…Mais surtout : triompher à chaque mini-jeu face à trois adversaires absolument amorphes se faisant bouffer par Bowser en un quart de seconde. Une partie aussi longue qu’un jour sans pain, mais une excellente cure pour l’égo surtout.
Les prétextes pour insérer le jeu dans la console sans l’ombre d’un ami à côté (ou même une connaissance, un proche, un cousin ultra-éloigné présent pour cette réunion de famille annuelle, que sais-je) sont nombreux, et ceux que je viens d’énumérer ne font qu’entamer une liste qu’il est désormais libre de compléter.
Ainsi, en jouant seul à Mario Party, on réalise un objectif primordial : amortir ces vacheries de 50€. Qu’on s’attende en revanche à une lourde contrepartie : le jour où l’on lance le jeu cette fois-ci entouré de potes, le goût n’est vraiment plus le même. On s’amusait bien, tout seul. C’est vrai, quoi.
May 11th, 2008 at 12:30 pm
“Les prétextes pour insérer le jeu dans la console sans l’ombre d’un ami à côté sont nombreux, et ceux que je viens d’énumérer ne font qu’entamer une liste …”
En somme, tu ne cites que les moyens les plus populaires de par le monde.
Et on n’oubliera pas les bonnes vieilles techniques pour s’amuser seul, quand on a la chance de ne posseder ni Mario Party, ni un brin d’ego.